Préservation de la fertilité chez l’enfant et l’adolescent

Le cancer de l’enfant est une maladie rare qui représente 1 à 2 % de l’ensemble des cancers. Il atteint chaque année 2500 nouveaux enfants dont la moitié ont moins de 5 ans et 700 entre de 15 à 18 ans. L’amélioration de la prise en charge permet de guérir 4 enfants sur 5. (Données de l’Institut National du Cancer) On estime qu’il y a environ 60000 survivants des cancers de l’enfance en France.

Cette population a donc une importance toute particulière en termes de prise en charge et d’accompagnement en lien avec l’équipe d’OB’AJA.

En pédiatrie, le recueil du consentement des parents est obligatoire. Il s’agit d’une situation toujours délicate où les parents doivent décider, pour leur enfant, dans l’urgence. Dès que cela est possible (âge et développement psychique de l’enfant), il est important de recueillir le consentement de l’enfant.

Préservation chez le garçon

La technique dépend de l’existence ou non d’une puberté

Pré pubère – Prélèvement de pulpe testiculaire

Le principe est de prélever un fragment de testicule au bloc opératoire sous anesthésie générale. Cette technique est encore expérimentale et ne doit être réservée uniquement qu’au cas de stérilité induite certaine. En effet, l’objectif est de congeler les cellules souches spermatogoniales contenues dans la pulpe testiculaire afin de les re-greffer, à distance, à l’âge adulte dans le testicule (auto-transplantation) ou bien de réaliser une spermatogénèse in vitro. A l’heure d’aujourd’hui, ces techniques sont toujours à l’état de recherche.

Pubère – Autoconservation de sperme

Le principe est le même que chez l’adulte avec un ou plusieurs recueils de sperme par masturbation au laboratoire du CECOS. Cela est possible dès qu’il existe une spermatogénèse (environ 12 ans).

Cependant, la masturbation peut poser problème à l’adolescent (trouble de l’image de soi, culpabilité, notion d’interdit culturel ou religieux…) et il peut s’agir de sa première expérience. Il est important de l’informer, de l’accompagner et de lui rappeler qu’il faut dissocier fertilité et sexualité (capacité à avoir une érection, du plaisir,…).

Téléchargez la brochure d’information de la Ligue National contre le Cancer et de la Fédération des CECOS .

Préservation chez la fille

Pré pubère – Conservation de cortex ovarien

Le principe consiste à réaliser une ovariectomie totale ou partielle par coelioscopie sous anesthésie générale. Le cortex ovarien est ensuite congelé et permet de conserver des follicules primordiaux. Cette technique est indiquée dans les traitements très gonadotoxiques à haute risque de stérilité.

A distance, en cas de projet parental et d’IOP, on peut regreffer les fragments d’ovaire. Une centaine de grossesses, dans le monde, a déjà été décrite dont la moitié spontanée. L’intérêt est également de récupérer une fonction endocrine.

Cependant, il existe en fonction, du type de pathologie, un risque de réintroduction de cellules malignes contenues dans les fragments d’ovaires. Pour cela, la recherche est en cours pour développer la folliculogénèse in vitro.

Pubère

Il s’agit des mêmes techniques disponibles que pour l’adulte.

Cependant, comme le garçon, il est important d’accompagner ces adolescentes. En effet, il est dur pour elles de se projeter dans un projet de maternité. Elles sont en pleine période de constitution de leur image et de leur sexualité. Les parents jouent alors un rôle crucial dans ce processus. Les avantages et les inconvénients de chaque procédure devront être discutés longuement. La jeune fille et ses parents devront être informés des chances de grossesses spontanées et à la réutilisation dans le contexte de leur pathologie donnée. Le CECOS ne peut garantir la fonctionnalité des fragments de tissu ovarien cryoconservés ; aucune garantie de grossesse.

Téléchargez le guide à destination des adolescentes « Cancer et fertilité – Quels problèmes? Quelles solutions »

 

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